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L’intelligence artificielle dépend plus que jamais des industries lourdes.

18 sept.
3 min de lecture
Bulldozer jaune en carrière à ciel ouvert, soulevant de la poussière, avec autres engins au loin.

On l'imagine immatérielle. Elle ne l'est pas. Derrière chaque requête envoyée à une IA, il y a des data centers énergivores, des métaux rares, une infrastructure physique lourde, des ressources matérielles concrètes. L’intelligence artificielle crée une dépendance croissante de la tech aux matières premières.

Les géants de la tech investissent dans l'énergie

Une consommation énergétique qui explose

Chaque requête envoyée à une IA nécessite une dépense énergétique. Chaque puce électronique requiert des métaux rares. Les data centers consomment d'importantes quantités d'eau pour leur refroidissement. Ces besoins confèrent à l'IA une dépendance directe aux industries lourdes, et cette dépendance ne fait que croître.

Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), d'ici 2030, les data centers absorberont près de 3% de la production d'électricité mondiale, soit 945 TWh. À titre de comparaison : c'est plus du double de leur consommation actuelle. C’est aussi plus que la consommation annuelle du Japon.

Une captation des énergies renouvelables

Google, Microsoft et Amazon l'ont bien compris : les géants de la tech captent désormais une part croissante des contrats d'énergie renouvelable aux États-Unis, détournant ces capacités de leur mission première de décarbonation des usages actuels.

Pour les investisseurs, cela signifie de nouvelles tensions sur les matières premières et une possible flambée des coûts de l'énergie, particulièrement si la demande d'IA continue d'exploser.

Un impact significatif sur la consommation de ressources

Des métaux de plus en plus demandés

La demande en métaux suit la même trajectoire que celle de l'énergie. En 1800, quelques métaux suffisaient pour l'essentiel de la production industrielle mondiale (fer, cuivre, zinc, étain, plomb, manganèse et cobalt). Aujourd'hui, plus de 60 éléments métalliques sont exploités à l'échelle mondiale et le volume d'extraction a été multiplié par près de 23 en un siècle.

L'IA amplifie cette pression. Selon les scénarios de l'AIE, la demande pour certains métaux critiques pourrait être multipliée par plusieurs dizaines d'ici 2040 :

  • x40 pour le lithium, indispensable à la fabrication des batteries des véhicules électriques comme des équipements numériques,

  • x20 pour le cobalt et le nickel, essentiels à la composition de ces mêmes batteries et aux alliages industriels de haute performance.

La tendance est sans ambiguïté : les besoins en métaux vont croître bien plus vite que les capacités d'extraction actuelles.

Infographie montrant l’évolution des besoins en métaux pour l’énergie de 1700 à 2000, du moulin à vent aux éoliennes.

Cinq métaux particulièrement critiques pour le numérique

Selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), cinq métaux ressortent comme particulièrement comme critiques pour le secteur numérique : indium, gallium, tantale, néodyme et germanium.

À la fois essentiels aux performances des équipements numériques (ordinateurs, téléphones, serveurs, réseaux) et extraits en grande partie dans un petit nombre de pays, ces métaux exposent l'IA à des vulnérabilités d'approvisionnement. Leur rareté et l'absence d'alternatives à faible coût accentuent encore cette fragilité.

Une déconnexion entre la tech et ses soutiens industriels

Une valorisation boursière déconnectée de la réalité physique

Malgré l’explosion des entreprises spécialisées en IA, les industries minières et métallurgiques qui fournissent les ressources nécessaires à leur fonctionnement restent largement sous-valorisées en bourse.

À titre d’exemple, en 2025, Nvidia (multinationale américaine de la tech), affichait une valorisation 140 fois supérieure à celle d'ArcelorMittal (groupe sidérurgique mondial), alors que les deux entreprises réalisaient un chiffre d'affaires comparable, dépassant 60 milliards de dollars en 2024.

Une dimension géopolitique croissante

La dépendance matérielle de l'IA prend aussi une dimension géopolitique. Pour fonctionner, la tech est tributaire d'un nombre très limité de pays producteurs comme la Chine, la République démocratique du Congo, l'Indonésie, le Chili ou encore l'Argentine qui concentrent l'essentiel de l'extraction et du raffinage des métaux dont elle a besoin.

Autrement dit, une poignée de pays contrôle les ressources sans lesquelles aucune puce, aucun serveur, aucun équipement numérique ne peut être fabriqué. Cette concentration expose l'ensemble de la filière à des vulnérabilités structurelles : risques de pénuries, fluctuation des prix, tensions sur les chaînes d'approvisionnement.

Infographie des principaux producteurs de cobalt, lithium, cuivre et nickel d’ici 2030, avec parts de mines et raffinage.

Les géants de la tech investissent dans l'énergie

L'IA illustre une réalité que Chloé in the Sky place au cœur de sa méthodologie : l'économie numérique repose sur une industrie physique que la finance a longtemps ignoré. Pour un investisseur, cette déconnexion entre la valorisation des entreprises tech et celle de leurs fournisseurs industriels représente à la fois un risque et une opportunité.

  • Un risque, parce que toute tension sur les métaux critiques ou l'énergie peut fragiliser les modèles économiques des acteurs de l'IA.

  • Une opportunité, parce que les entreprises minières, métallurgiques et énergétiques qui alimentent ces évolutions restent sous-valorisées par rapport à leur rôle réel.

C'est précisément pourquoi les portefeuilles Chloé intègrent ces industries essentielles. Elles constituent le socle indispensable de l'économie. Les entreprises qui sauront s'adapter aux contraintes physiques d'un monde aux ressources limitées, seront parmi les plus résilientes demain.



Sources



Cet article est fourni à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.


CHLOÉ IN THE SKY ‑ SAS au capital de 177 400 € immatriculée au RCS de Brest ‑ RCS Brest 899 173 629 - N°ORIAS 21005578​‑ www.orias.fr ‑ ​CHLOÉ IN THE SKY, Conseiller en Investissement Financier et Courtier ​​en assurance catégorie «b», membre de la CNCEF Patrimoine & CNCEF Assurance, associations agréées par l’Autorité des ​Marchés ​Financiers AMF 17,​ place de la Bourse ‑ 75082 Paris Cedex 02 et par l'Autorité de Contrôle Prudentiel ACPR, 4 Place de Budapest. CS 92459. 75436 PARIS CEDEX 09 ‑ Code NAF 6619B

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