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La transition énergétique avance. La consommation d'énergie fossile aussi.

20 sept.
4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 3 heures

Usine sidérurgique au bord de l’eau, cargo à quai, cheminées fumantes et reflets calmes sur l’eau.

Deux chiffres marquants et en apparence contradictoires : 34 % de l'électricité mondiale vient désormais des renouvelables ; 86 % de l'énergie mondiale consommée provient toujours des fossiles. Deux données qui finalement ne donnent que peu d’éléments pour comprendre la trajectoire actuelle de la transition énergétique… car décarboner un réseau électrique et décarboner un haut fourneau ne relèvent pas du même défi.

En 2025, le solaire a battu tous les records. Le charbon aussi.

Les données 2025 sur la production et la consommation d'énergie mondiale, publiées à l’été 2026, ont suscité de nombreux commentaires. Elles montrent une transition bien réelle dans l'électricité, mais beaucoup plus lente dans le reste du système énergétique.

  • En dix ans, la production mondiale d'énergie solaire et éolienne a été multipliée par cinq. En 2025, les renouvelables ont dépassé le charbon dans le mix électrique mondial, une première depuis plus d'un siècle.

  • Dans le même temps, les énergies fossiles fournissent encore 86 % de l'énergie consommée dans le monde. La consommation de charbon a même atteint un record absolu, 2,8 % au-dessus de son niveau de 2014, que l'on présentait alors comme un pic.

Ces deux constats ne sont pas contradictoires. Ils décrivent deux parties différentes du système énergétique : l'électricité d'un côté, l'ensemble des usages de l'énergie de l'autre.

Dans l'électricité, la substitution a commencé.

La production mondiale d'électricité a augmenté d'environ 940 TWh en 2025, soit l'équivalent de deux fois la consommation électrique annuelle de la France. La totalité de cette croissance a été couverte par des sources d’électricité bas carbone, autrement dit les renouvelables et le nucléaire.

Le solaire porte l'essentiel du mouvement. Sa production a progressé de 30 % en un an et atteint désormais l'équivalent de la consommation électrique de l'Union européenne.

Sur ce périmètre, la transition est donc bien engagée : les nouvelles capacités bas carbone commencent à remplacer les sources fossiles.

En dehors de l'électricité, les fossiles continuent de progresser.

En 2025, toutes les sources d'énergie ont atteint un niveau record de consommation, y compris les énergies fossiles.

L'électricité ne représente que 22 % de l'énergie consommée dans le monde.Les 78 % restants sont principalement utilisés par les procédés industriels et les transports : hauts fourneaux, cimenteries, chaudières, moteurs de camions, de navires et d'avions.

Ces usages restent largement dépendants des énergies fossiles. Au cours des dix dernières années, la demande mondiale de gaz a augmenté de 21 %, celle de pétrole de 9 % et celle de charbon de 6 %.

Une baisse des fossiles ne signifierait d'ailleurs pas forcément une avancée de la transition. La crise provoquée par la fermeture du détroit d'Ormuz en 2026 en donne un exemple : une pénurie peut faire baisser la consommation sans que les usages fossiles aient réellement été remplacés.

Pourquoi certains secteurs sont-ils plus difficiles à décarboner ?

Le carbone est un ingrédient chimique indispensable à l’acier.

Dans certains procédés, le CO₂ ne vient pas seulement de l'énergie utilisée. Il est produit par la réaction chimique elle-même.

Par exemple, pour produire de l'acier il faut d'abord extraire le fer de son minerai, où le fer est lié à de l'oxygène. Dans un haut fourneau traditionnel, le carbone du charbon, sous forme de coke, permet de retirer l’oxygène pour libérer le métal. En se combinant, carbone et oxygène forment du dioxyde de carbone (CO₂).

Le CO₂ émis est donc directement lié à la fabrication du fer. Il ne provient pas seulement de la combustion d'un fossile que l'on pourrait remplacer par de l'électricité bas carbone.

Pour supprimer ces émissions, une solution consiste à utiliser de l'hydrogène à la place du carbone pour retirer l'oxygène du minerai, puis à fondre le fer dans un four électrique plutôt que dans un haut fourneau. Cela revient à construire une autre usine, pas seulement à changer de source d'énergie.

L'acier n'est pas un cas isolé.

Dans le ciment, la transformation du calcaire en clinker libère du CO₂ par une réaction chimique. Ces émissions ont lieu même si le four est chauffé avec une énergie décarbonée.

Dans l'aluminium, l'électrolyse utilise une anode en carbone. Le carbone de cette anode se transforme en CO₂ pendant la production du métal, même lorsque l'électricité utilisée est entièrement décarbonée.

Dans ces procédés, le carbone fossile n'est pas seulement une source de chaleur, il est un ingrédient de la réaction chimique. Le remplacer suppose de changer le procédé de fabrication, pas seulement l'énergie qui l'alimente.

Ce que cela change pour un investisseur

Considérer l'appareil industriel dans son ensemble.

La production d'énergie décarbonée croît rapidement et qui attire les capitaux. Mais produire cette énergie n'est qu’une première étape : reste à financer la transformation des procédés qui la consomment. Remplacer un haut fourneau ou une cimenterie demande des investissements conséquents, sur plusieurs années, et suppose de repenser l'appareil industriel dans son ensemble.

Le besoin de capital se déplace donc vers les industries lourdes, essentielles à notre économie : la sidérurgie, la chimie, les matériaux, le fret. Là où se prépare la suite de la transition.

L'intensité carbone d'une entreprise n’est pas un critère suffisant

Pour un investisseur, regarder uniquement l'intensité carbone actuelle d'une entreprise ne suffit pas. Il faut aussi regarder sa capacité à transformer son outil industriel et à s'adapter aux contraintes de demain.

La question n'est donc plus seulement de savoir combien une entreprise émet aujourd'hui. Elle est aussi de savoir si elle fait partie de celles qui s'engagent réellement dans cette transformation.

Chez Chloé in the Sky, la sélection se construit entreprise par entreprise, pour identifier celles qui seront les mieux armées face aux contraintes de demain.



Sources



Cet article est fourni à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.


CHLOÉ IN THE SKY ‑ SAS au capital de 177 400 € immatriculée au RCS de Brest ‑ RCS Brest 899 173 629 - N°ORIAS 21005578​‑ www.orias.fr ‑ ​CHLOÉ IN THE SKY, Conseiller en Investissement Financier et Courtier ​​en assurance catégorie «b», membre de la CNCEF Patrimoine & CNCEF Assurance, associations agréées par l’Autorité des ​Marchés ​Financiers AMF 17,​ place de la Bourse ‑ 75082 Paris Cedex 02 et par l'Autorité de Contrôle Prudentiel ACPR, 4 Place de Budapest. CS 92459. 75436 PARIS CEDEX 09 ‑ Code NAF 6619B

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